Protection des reptiles et des amphibiens : ce qui change avec l’arrêté du 8 janvier 2021

Paru au Journal Officiel le 11 février 2021, l’arrêté ministériel du 8 janvier 2021 (voir le texte ici) fixe la nouvelle liste des espèces d’amphibiens et de reptiles protégées en France. Quelques changements interviennent par rapport au précédent texte (arrêté du 19 novembre 2007).

Du changement pour les Vipères

La Vipère péliade (Vipera berus) est désormais protégée ainsi que ses habitats (photo : E.Barussaud, 2020)

Le changement le plus notable concerne la Vipère aspic et la Vipère péliade : ces deux espèces n’étaient pas protégées jusque là, hormis contre la mutilation, la détention ou la vente (article 4). Elles passent désormais à l’article 2, c’est-à-dire le niveau de protection le plus élevé puisque non seulement les individus sont protégés mais aussi leurs habitats.

La Couleuvre vipérine passe quant à elle de l’article 3 (protection des individus) à l’article 2 (protection des individus et des habitats). De même pour le Pélodyte ponctué pour les amphibiens.

Le problème des « Grenouilles vertes » persiste

Concernant les amphibiens, les différentes espèces constituant le « complexe des grenouilles vertes » (genre Pelophylax) ont toujours des statuts de protection différents : article 2 pour la Grenouille de Lessona, la G. de Pérez et la G. de Graff, article 3 pour la G. rieuse et enfin article 4 pour la G. verte. Sur le terrain, ces différents taxons cohabitent et il est quasiment impossible de les différencier. La loi est donc particulièrement difficile à faire appliquer.

Difficile enfin de comprendre pourquoi la Grenouille rousse ne bénéficie pas de la même protection que la Grenouille agile. Ou encore pourquoi les habitats du Lézard vivipare ou ceux du Triton alpestre ne sont pas protégés alors que ceux du Lézard des murailles (très commun) et ceux du Triton marbré le sont.

En conclusion, le nouveau texte apporte essentiellement une meilleure protection aux Vipères péliade et aspic mais les incohérences du texte précédent persistent, rendant la loi difficile à comprendre et à faire appliquer.

Lire aussi : « Espèces protégées, la loi française inadaptée ? »


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