Impact éoliennes / oiseaux : le dernier rapport en date résumé en 10 chiffres !

En juin 2017, la LPO a publié une étude de 91 pages intitulée « Le parc éolien français et ses effets sur l’avifaune » . Nous avons lu ce rapport avec un grand intérêt, ayant nous-mêmes réalisé, depuis 2012, le suivi d’une dizaine de parcs éoliens bretons. Voici, en 10 chiffres, un résumé de ce rapport riche en enseignements.

197

C’est le nombre de rapports de suivis qui ont été réunis pour cette étude qui couvre la période allant de 1997 à 2015.

 

645

C’est le nombre d’éoliennes concernées par les rapports de mortalité. Elles appartiennent à 91 parcs et représentent 12 % du parc éolien français en exploitation.

50

La LPO préconise depuis 2009 un rayon de recherche d’au moins 50 mètres autour des mâts. Parmi les études compilées, ce rayon de recherche varie de 10 (!) à 100 mètres.

 

15 – 35

La moitié des cadavres d’oiseaux ont été retrouvés à une distance comprise entre 15 et 35 mètres. Pour les chauve-souris, c’est entre 6 et 22 mètres que l’on découvre la moitié des cadavres. Ces chiffres correspondent bien à ce que nous constatons sur le terrain, avec une grande majorité de cadavres découverts entre 20 et 40 mètres (pour un rayon de recherche de 60 mètres).

Cadavre de Fauvette à tête noire

 

1/4

Seul un quart des rapports mentionne la surface réellement prospectée sous chaque éolienne ! Cela empêche évidemment d’estimer la mortalité réelle à partir de la mortalité constatée. D’ailleurs, cette estimation n’est au final réalisée que pour 10 parcs en ce qui concerne l’avifaune !

 

0,024

En moyenne, on retrouve un 0,024 cadavres d’oiseau par prospection, soit un toutes les 41 sorties. Ainsi, sur une éolienne suivie une fois par semaine pendant toute l’année, on trouve en moyenne 1,2 cadavre. Mais le rapport souligne aussi une grande hétérogénéité de la répartition des cadavres, y compris sous les éoliennes d’un même parc.

 

6,6 à 7,2

C’est, au final, le nombre d’oiseaux tué par an et par éolienne, d’après les auteurs de l’étude, en se basant uniquement sur les rapports les plus fiables. Une récente étude américaine (Loss, Will & Marra, 2013) donne des chiffres proches : 3,15 à 7,35 oiseaux / an / éolienne, avec une moyenne de 5,25 pour les États-Unis.

 

3

Les trois espèces les plus impactées – le Roitelet à triple-bandeau, le Martinet noir et le Faucon crécerelle – représentent plus de 25 % des cadavres découverts. Notons que ces trois espèces sont très différentes à tous points de vue : morphologie, activité, déplacements, habitats, etc. Si l’on ajoute à ces trois espèces la Mouette rieuse, l’Alouette des champs et la Buse variable, on approche les 50 % des cadavres découverts.

Les espèces les plus impactées, d’après LPO 2017

 

2

C’est le nombre de cigognes parmi les 1102 cadavres découverts entre 1997 et 2015 : une Cigogne blanche, une Cigogne noire. Pour ces espèces à risque (migratrices, à grande envergure), l’impact a, dans l’ensemble, bien été évité sur le territoire français.

 

26,8

C’est la mortalité particulièrement élevée estimée sur l’un des parcs étudiés. En cause : la présence d’une forte concentration de Pigeons bisets domestiques sur un silo à grain situé au centre du parc en question !

 

Lire l’étude complète : C’EST ICI

Photos : E. Barussaud

2 réponses
  1. de ribaupierre
    de ribaupierre dit :

    bravo pour ce bel article!
    vraiment inquiétant par ailleurs: si seulement 10 parcs sur 91 réalisent une évaluation de la mortalité réelle, comment ne pas croire que ces omissions concernent les parcs les plus meurtriers…
    Bref, au final, aucune validités pour ces chiffres. Et dire qu’ils seront repris malgré tout dans de nombreux rapports et commentaires zélés en faveur de l’éolien.
    Tout cela me dégoûte.
    Mais merci d’avoir eu l’honnêteté de le signaler !

    (Seul un quart des rapports mentionne la surface réellement prospectée sous chaque éolienne ! Cela empêche évidemment d’estimer la mortalité réelle à partir de la mortalité constatée. D’ailleurs, cette estimation n’est au final réalisée que pour 10 parcs en ce qui concerne l’avifaune !)

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    • Bertaga
      Bertaga dit :

      « comment ne pas croire que ces omissions concernent les parcs les plus meurtriers… » : Au contraire, l’étude montre que ce sont justement les parcs a priori les plus problématiques qui font l’objet des suivis les plus robustes. Tous les parcs qui ont fait l’objet d’une évaluation de la mortalité réelle se trouvaient en ZPS (Natura 2000 désignée au titre de la directive Oiseaux) ou dans un secteur à très forts enjeux avifaunistiques.

      Répondre

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