Indice « FAR » (épisode 2) : une liste rouge des amphibiens de Loire-Atlantique

Nous continuons à tester notre indice FAR, qui a pour but d’estimer l’état de conservation des espèces animales. Nous nous intéressons ici aux amphibiens de Loire-Atlantique.

Nous sommes partis des données de répartition présentées dans l’excellent ouvrage « Les Amphibiens et Reptiles de Loire-Atlantique à l’aube du XXIe siècle » (O.Grosselet, L.Gouret et F.Dusoulier, 2011. Éditions De mare en mare). Cet ouvrage présente, pour chaque espèce, une carte de répartition des données pour la période 1990-2008. Nous sommes partis de ces cartes pour calculer l’indice FAR de chaque espèce. En l’absence de liste rouge propre au département de Loire-Atlantique, nous avons comparé nos résultats à la liste rouge des amphibiens des Pays de la Loire.

Résultats

Premier constat : l’indice FAR varie fortement et de manière cohérente. Il est par exemple très faible pour le Triton ponctué (0,39), moyen pour le Triton marbré (1,74) et élevé pour la Rainette verte (5,2). Le résultat est cohérent avec ce que l’on sait de l’état de conservation des différentes espèces. Ainsi, le Pélobate cultripède a un indice de 0,28 sur la période considérée, ce qui correspond à une espèce fortement en danger… Il a depuis – malheureusement – disparu du département. L’indice traduit également bien la raréfaction de la Grenouille de Lessona : avec un indice FAR de 0,85, elle entre dans notre catégorie « vulnérable ». Au niveau national, la liste rouge de 2015 la considère d’ailleurs désormais comme « quasi-menacée ». La Grenouille rousse et le Triton alpestre, deux espèces « nordiques » du département, sont respectivement « vulnérable » et « en danger » d’après notre indice. A l’inverse, les espèces qui se portent mieux ont des indices élevés : 5,2 pour la Rainette verte, 9 pour le Triton palmé et même 20 pour la Grenouille agile. Rappelons qu’au-delà de 5, la valeur exacte de l’indice n’a pas d’intérêt particulier.

Une liste rouge des batraciens de Loire-Atlantique d’après l’indice FAR, sur la période 1990-2008 (atlas de 2011)

Le seul cas « problématique » est celui de la Grenouille rieuse (Pelophylax ridibundus) , espèce en pleine expansion et parfois considérée comme invasive. Elle obtient, d’après les données de 1990-2008, un indice FAR de seulement 1,6, ce qui la classerait parmi les espèces « à surveiller »… Or, si cette espèce est « à surveiller », ce n’est pas parce qu’elle serait menacée mais bien l’inverse ! Il serait intéressant de tester à nouveau l’indice FAR pour cette espèce avec des données plus récentes. Héla, cette espèce étant très proche de la Grenouille verte hybride (Pelophylax kl. esculenta), les deux espèces sont rarement traitées séparément dans les atlas… L’indice est aujourd’hui, selon toute vraisemblance, bien au-dessus du seuil de 2, c’est à dire caractéristique d’une espèce non-menacée.

La Grenouille agile, ici photographiée à Guérande, se porte bien

Perspectives

L’indice FAR donne donc des résultats cohérents pour les amphibiens à une échelle départementale. Les calculs, réalisés à partir de cartes de répartition fiables, n’ont pris qu’une matinée pour l’ensemble des 17 espèces traitées… Ce gain de temps est particulièrement appréciable, surtout si l’on souhaite mettre à jour régulièrement les « listes rouges ». A suivre…


Photos : Triton marbré (photo à la une) et Grenouille agile – Émilien Barussaud

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